Résumé de section

    • Mettre ses élèves en activités avec les pédagogies actives

    • La pédagogie active selon l'École des Ponts Paris Tech (École nationale des Ponts et chaussées).

      "La pédagogie active désigne un ensemble de méthodes pédagogiques qui ont toutes en commun la volonté de rendre l’étudiant acteur de ses apprentissages. Ce type de pédagogie part du principe que c’est en faisant que l’on apprend, à l’inverse de la pédagogie traditionnelle qui part de la théorie pour aller vers la pratique. Elle privilégie les situations authentiques de recherche, d’investigation au cours desquels l’étudiant doit comprendre et maîtriser les différentes ressources que l’enseignant met à sa disposition. Ces différentes situations ont été formalisées d’un point de vue théorique tout au long du XXe siècle.

      Quelques postulats liés à la pédagogie active :
      – On apprend par l’expérience pratique, pas seulement dans un contexte académique => apprentissage expérientiel
      – On apprend mieux avec les autres => socio-constructivismeapprentissage collaboratif
      – On apprend mieux quand on rencontre un problème particulier => apprentissage par problème
      – On apprend mieux quand on est impliqué dans un projet particulier = apprentissage par projet

      Quel intérêt pour les élèves ?

      Enseignement magistral et pédagogie active : deux approches qui se croisent et se complètent !

      Il est devenu commun d’opposer les formes de pédagogie traditionnelles reposant surtout sur la transmission des connaissances par l’enseignant à d’autres formes de pédagogie qui impliquent plus directement l’élève dans son apprentissage. Quelles différences entre les deux approches sur le plan pédagogique ?

      Le «  triangle d’Houssaye », un outil des sciences de l’éducation qui propose une représentation simple mais efficace de l’enseignement et de l’apprentissage, des relations pédagogiques :

      Selon le triangle de Houssaye, dans l’enseignement magistral :

      • L’action de l’enseignant se partage entre la relation didactique et la relation pédagogique.
      • Il y a une prédominance de la relation didactique, c’est-à-dire de l’expertise de la discipline de l’enseignant et la façon dont il va transmettre le savoir. Reconnu en tant qu’expert didactique, l’enseignant sait déterminer les prérequis, l’ordre, le type de connaissance nécessaire à acquérir pour l’apprenant.
      • Dans ce modèle, l’implication de l’enseignant dans la relation pédagogique se situe surtout au niveau du contrôle de l’acquisition des connaissances. L’exposé magistral se présentera souvent sous la forme soit d’un exposé, soit d’un cours dialogué où l’enseignant ponctuera son discours de questions pour vérifier si l’élève suit le discours ou s’il a compris. Les exercices servent à vérifier ponctuellement la compréhension des notions et l’application des règles. L’examen final est généralement sur table et reprend les exercices vus pendant le cours. Enfin, l’élève est le plus souvent considéré comme seul responsable de l’organisation de son apprentissage en dehors des périodes du cours.
      • Dans le temps de l’échange avec l’élève, la relation est verticale, menée par l’enseignant puisque c’est lui qui tient les rênes du cours (le discours, le rythme, les activités,…). L’élève se doit d’être attentif.

      Toujours selon le triangle de Houssaye, dans la pédagogie active :

      • On s’interroge davantage sur la relation entre l’élève et le savoir. En plus des questions didactiques qui incombe à l’enseignant, ce dernier doit tenir compte et anticiper les stratégies de l’élève (comment apprend-il ?) et de sa relation directe avec lui (comment le former ?).
      • C’est une conception à la fois plus souple, plus exigeante et plus réaliste de ce qui constitue la complexité de l’apprentissage chez l’élève. Il s’agit pour l’enseignant de penser son cours dans les termes d’une situation dans laquelle l’élève mobilise l’ensemble des ressources disponibles : ressources internes ( ses connaissances, ses capacités) et ressources externes (le cours de l’enseignant, ressources bibliographiques, web,…).
      • Le mot d’ordre est pour l’élève d’être « en activité ». L’enseignant se met tantôt en avant, tantôt en retrait.

       

      Pour l’enseignant comme pour l’élève, adopter la pédagogie active est une entreprise stimulante et aussi difficile. D’abord, si la pédagogie transmissive offre des options limitées sur le déroulement d’une séance de cours, la pédagogie active offre de nombreuses possibilités. D’autre part, si la pédagogie transmissive offre un cadre de référence pour élève et enseignant, l’approche active demande de concilier une multiplicité de cadres possibles. Il s’en suit que passer d’une approche transmissive à une approche active constitue un changement dans les habitudes et les pratiques des uns et des autres.

      Toutefois, l’opposition entre pédagogie transmissive et active n’est pas aussi tranchée qu’on pourrait le croire. Dans la réalité des pratiques, ces deux approches se croisent souvent, mais la pédagogie active requiert un surcroit de formalisation de la part de l’enseignant pour être véritablement efficace du point de vue de l’élève, là où la répartition des rôles entre enseignant et élève semble tacite dans l’approche transmissive.

      (Source : https://pedagotheque.enpc.fr/2016/05/04/quest-ce-que-la-pedagogie-active/)